Au royaume d'Oriyaz
Shamako était parfaitement.. trop conscient même!
Que le temps sur terre filait à la vitesse de l'éclair.
Il lui semblait avoir quitté ses amis depuis des années, mais en réalité sur
Oriyaz que quelques heures s'étaient écoulées....
Depuis son retour au berceau de ses pairs.
Il n'arrivait plus à s'y sentir vraiment serein, comme avant son
départ pour cette petite planète bleue, devenue si précieuse à ses yeux.
Près d'un siècle auparavant sa mère Nokama reine d’Oriyaz, lui avait donné
pour mission de sentinelle sur Terre, en fils aimant et dévoué mais le
cœur bien lourd il était partit sans un regard derrière, craignant la
trop grande douleur de cette séparation.
À présent il voyait son univers (les siens) avec un regard tellement différent!
Amour et harmonie régnaient où que se pose son regard' tout n'était qu'innocence
et personne n'avait la moindre crainte de qui ou quoi que ce soit.
Il en était là de ses réflexions quand levant les yeux, il vit la plus
ravissante femme de cet univers' nulle autre que sa mère entourée d'un
halo de subtile lumière rosée.
Tout doucement elle caressa ses cheveux en disant'
-< Je sais mon fils, je comprend ton déchirement, tu es parti depuis trop longtemps!
Ces êtres sont devenus tes amis et comme tes enfants, tu les aime tout comme moi
je t'aime, je vois bien que tes yeux ont pris la couleur du plus profond chagrin.
Shamako tu sais que l'on n'y peut plus faire, nous sommes impuissant à enrayer
ce mal qui depuis 'la nuit des temps' poursuit sa destruction ainsi que dans
bien d'autres dimensions!
Le grand Mal est entré par la faille de ce monde (des êtres avides de pouvoir) et
malheureusement des milliers de pauvres innocents subissent les épouvantables
conséquences de cette odieuse perfidie, comme tu l'as vu de tes yeux mon fils.
Ce dernier la fixa de son regard troublant et rétorqua'
-< Ô ma Mère je veux y retourner, jamais je ne pourrai vivre heureux
ici en abandonnant ceux qui sont aux Bleus Mory
C'est le coeur chaviré de tristesse et d'effroi qu'ils ont quitté leur terre et
peiné à traverser le tunnel pour atteindre une relative sécurité..
Ignorant totalement que cet éden' va aussi être envahi.
Oui j'affirme, car j'en ai la certitude absolue' ils seront entièrement anéantis!
Alors voilà Mère' avec ou sans aide, je vais me rallier à eux et tenter l'impossible
pour que subsiste au moins, les survivants de ce pauvre peuple tyrannisé.
Des yeux de Nokama, fluèrent une bruine de perles scintillantes.
-< Shamako mon si cher fils, crois-tu que je vais te laisser seul affronter ce combat!
Ne me reconnais-tu donc plus mon enfant....
La voix de sa mère toujours si mélodieuse, soudainement se brisa.
Tristesse, qu'il n'aurait jamais cru et encore moins voulu voir un jour
dans le regard de cette femme toujours si rayonnante d'harmonie.
Le grand Shamako se sentit devenir tout petit et si contrit, qu'il s'agenouilla
prenant dans les siennes, les douces mains de sa mère.
-< Mère je vous en prie' pardonnez moi, jamais je n'aurais voulu vous
faire le moindre chagrin, non jamais et surtout pas à vous!
Du long silence qui s'ensuivit, il releva la tête et retrouva le plus beau sourire
de Nokama avec un brin d'espièglerie au fond des yeux.
Intrigué, Shamako se retourna en suivant son regard et bondit sur ses pieds
à la vue de son magnifique et fidèle Akaz qui l'observait depuis un bon moment!
Ce dernier se mit à hennir en croisant le regard de Shamako, qui d'un doux baiser
sur la joue de sa mère, le rejoint en courrant comme un gamin euphorique.
L'étalon le regarda accourir, mais toujours aussi fier..
il le laissa arriver à sa hauteur, avant de faire le moindre mouvement.
Quand la main de l'homme caressa son front, il le regarda au font des yeux
et vit tout ce que son cher ami avait vécu au cours de ce si long séjour sur terre.
Avant que Shamako n'eu le temps lui dire son bonheur de le retrouver, Akaz
l'entraîna au sein de son domaine' la bienveillante Forêt Grizance.
Il marchèrent tranquillement sur ce sol spongieux d'où émanait des effluves
de fruits, de fleurs et pourtant il n'y avait que des arbres d'un gris
bleuté à l'aspect de velours.
Ainsi que l'enchanteur murmure des Lénielles' petites créatures translucides si
minuscules, qu'à peine visibles et ne peuplant que ce seul territoire sur Oriyaz'
Elles avaient la faculté de capter et transformer les ondes oppressantes en
sensations de calme et harmonie à tout être qui pénétrait en forêt de Grizance.
Akaz rompit le silence le premier'
-< Voilà mon ami' tu repartiras bientôt et tu fais le bon choix, car si nous laissons
ce peuple s'éteindre.. bien d'autres et encore des milliers d'autres se rajouteront
aux ravages du Grand Mal.
Un jour viendra inéluctablement où nous serons nous mêmes aux prises de ce fléau.
Nous n'avons plus le choix, car l'harmonie ne peut subsister que si tous' l'on
se rallient afin de mettre un terme à cette funeste ascension.
Sais-tu que cette fois je pars avec toi et que cette décision avait été prise avant
même ton retour, si tu avais laissé parler ta mère et contrôler mieux tes émotions
tu le saurais déjà.
Ces paroles auraient semblé dures et sévères à Shamako, si elles n'avaient
pas été accompagnées d'une lueur de gentille moquerie dans le
profond regard de l'étalon'
Le grand homme s'assied au sol et laissa couler toutes ses larmes retenues
depuis bien trop longtemps' il voyait clairement dans son esprit, ses amis aux
Bleus Mory et surtout cette pauvre petite Mayala le coeur broyé de chagrin
que ce preux Mirdroux, tentait désespérément de consoler.
Se relevant il caressa l'encolure du cheval et dit'
-< Akaz, mon si cher ami sais-tu à quel point tu m'as manqué et comme je suis
heureux que tu m'accompagnes, car tu as toujours été plus qu'un compagnon
pour moi... Tu es un véritable frère!
Je dois te dire qu'en premier nous feront tout ce qui est possible pour délivrer
Yakar car tu vois , ce gigantesque mutant a un coeur des plus noble et lui
n'abandonnerait jamais les siens, non plus que qui que ce soit dans cet enfer.
Et je sais qu'incessamment il lance des assauts d'énergie fulgurante contre
ce filet maléfique qui l’emprisonne, il ne cessera jamais de se débattre jusqu'à la fin!
Le superbe étalon au regard de velours lui répondit'
-< Shamako' quoi qu'il arrive, je serai à tes côtés, nul ne peut prédire l'issue de
ce combat et ce n'est pas ce qui est le plus important' l'essentiel est d'agir!
Réussir ne dépend pas tant.. "plus vraiment de nous"
Nous reviendrons.. Même en ramenant tes amis "si il le faut" ou ne reviendrons pas.
Face au regard intrigué de Shamako, il répondit'
-< Bientôt mon frère tu comprendras.
À présent il est temps pour toi de dire aurevoir à ta mère notre Reine.
Je t'attend près de la pierre et ne tarde pas, car une seconde perdue..
pourrait bien faire basculer le sablier!
Shamako le regarda ahuri, mais obtempéra sachant que son ami, bien que
des plus énigmatique' détenait sagesse et connaissance exceptionnelle.
À suivre.....
© Michèle Fortin