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Lac  aux  pétales

 

Yakar n’était pas surpris, mais se reprochait son manque de vigilance qui aurait bien

 pu coûter la vie à sa petite "quel gros bêta je suis" grogna-t-il en se relevant 

comme une montagne de boue. 

Il entendit un drôle de son venant du côté de Mayala, sans trop comprendre cette 

joie soudaine qu’elle éprouvait de leur situation, le son n’était autre que le "rire" ...

Yakar baissa la tête qu’elle puisse y reprendre place et à son contact,

 il compris ce qu’était ce fameux son étrange.

Quand elle pu enfin reprendre son souffle, Mayala lui raconta qu’il y avait fort 

longtemps qu’elle n’avait pas ri et que c’était bien la première fois qu’elle riait autant. 

Le caribou n’en était que plus perplexe encore.. car à la Montagne Sacré où les habitants 

semblaient heureux, il n’avait jamais détecté une joie aussi intense; 

D’ailleurs ce son n’existait pas là bas. 

Le feu des Troyas reprit de plus belle, mais les deux compagnons de boue allèrent leur 

chemin sans la moindre gêne, si non ces cris aigus de rage qui perçaient les oreilles.

La petite qui suivait les pensées de son colossal ami lui demanda soudain: 

Comment est-ce possible des gens heureux qui n’ont jamais rient? 

Ce dernier ne sut que répondre à cette pertinente question. I

l sentait bien la curiosité de sa protégée, qui pourtant n’insista pas. 

Ils débouchèrent soudain au beau milieu d’une clairière où l’herbe d’un vert éclatant 

et les fleurs à profusion; laissèrent Mayala totalement ahurie...

Elle n’avait jamais vu autant de splendeur!

 

Yakar suivant sa pensée inclina sa tête gigantesque pour qu’elle puisse prendre pied,

 sur cette terre enchantée et elle s’élança en courant, cabriolant dans son cristallin ‘

Elle riait aux éclats, mais les petits oiseaux dérangés par ce bruit étrange, 

volaient au dessus de sa tête en piaillant de colère contre cette intruse !

Pourtant cette course les amusa vivement, surtout quand cette dernière

 tomba tête première, dans le lac aux pétales.

Il n’avait pas eu le temps de la prévenir et à présent elle se débattait des bras 

et des jambes pour s’en sortir!

L’eau et les pétales multicolores jaillissaient à grands éclats de ce débat, 

quand aux oiseaux ils jacassaient de plus belle .

Au moment où elle cessa de se démener, d’instinct ses gestes devinrent plus lents 

et l’eau lui révéla la plus sublime sensation, son pauvre corps malmené se régénérait, 

ses long cheveux ondulait parmi les pétales, éblouissant comme une toison d’or 

dans la vive lumière.

Yakar aussi bien que les oiseaux , muets de stupeur furent témoins d’une 

métamorphose stupéfiante! 

Quand elle jaillit du lac le corps couvert de pétales elle semblait irréelle à un point tel ,

que son protecteur cru un moment que cette nymphe était la souveraine de ce 

lieu enchanteur et que sa pauvre petite Mayala, si tristement miséreuse avait disparue !

 

Quand son rire si clair brisa le silence, les oiseaux volèrent autour d’elle 

en chantant de concert. 

La clairière si tranquille peu avant semblait reprendre vie, jaillissait de ci de là 

une multitude de petits animaux jusqu’à ce jour terrés et silencieux. 

La petite dansait, tournoyait sa voix mélodieuse se mariant aux chants des oiseaux 

dans une symphonie joyeuse que n’avais jamais connu,

 ce lieu pourtant fait pour vivre heureux. 

Quand à son gigantesque ami; il s’étonnait de voir une longue tunique tissée de ces 

bien étranges pétales couvrant Mayala qui ‘elle’ semblait tout à fait 

inconsciente de cette magie. 

Du coup sa réflexion le ramena à cette question, qu’elle lui avait posé à propos 

du "rire"  et comprit que que cette faculté était en elle même une magie puissante. 

Évoquant le peuple et les grands Sages de la Montagne Sacrée' 

Aussi lumineux, sereins puissent-ils être,

ils n'en demeuraient pas moins bien austères . 

Ce qui suscitait au plus profond de lui, un bien étrange malaise .

 

Il était si absorbé dans ses pensés que l'arrivé de Sandrine..

une des trois Sages régnantes lui échappa..

Seul un brusque silence, le sortit de sa réflexion !

À suivre.....

 

 

                                                                  © Michèle Fortin

 

 

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